The Boroughs, la toute nouvelle série de science-fiction de Netflix, vient de débarquer. Produite par les frères Duffer, les papas de Stranger Things, on sent immédiatement que la plateforme au N rouge a glissé un cahier des charges très précis sous le nez des créateurs (Jeffrey Addiss et Will Matthews) : « Refaites-nous exactement la même chose, mais changez la cible ».
The Boroughs singe sa grande sœur et reprend absolument tous les codes du cinéma spielbergien, jusqu’à la couleur de son thème musical signé John Paesano.
Après avoir visionné les deux premiers épisodes, voici mon premier verdict à chaud. Alors, coup de cœur ou simple produit marketing ?

Bienvenue à l’EHPAD 5 étoiles (version Arizona)
En parlant d’histoire, la série nous projette dans une sorte d’EHPAD géant, une communauté de retraite ultra-luxueuse à l’américaine en plein désert du Nouveau-Mexique. On y suit une bande de retraités détonnants qui vont devoir s’unir face à une menace surnaturelle et un monstre assez poisseux qui rôde dans les parages.
Et tout comme Stranger Things, The Boroughs carbure à la nostalgie, même si l’intrigue se déroule bel et bien à notre époque. La résidence singe ouvertement les années 50 : de la décoration des lieux jusqu’au look rétro et ultra-stylisé de son jeune et mystérieux PDG, Blaine Shaw, incarné par Seth Numrich. Ce décalage temporel permanent renforce l’impression de bizarrerie et de malaise de l’ensemble. Et pour le coup, c’est une excellente chose pour une série qui mise tout sur l’étrangeté et le mystère.
Un casting de seconds rôles de luxe (Spéciale dédicace à Doc Octopus)
S’il y a bien un point sur lequel la série marque des points dès le départ, c’est sa distribution. Les acteurs jouent extrêmement bien, et pour cause : ce ne sont pas des inconnus, mais de sacrés briscards du cinéma.
Dans le rôle des résidents, on retrouve avec un immense plaisir :
- Alfred Molina (qui restera à jamais pour moi le cultissime Doc Octopus de Spider-Man), impeccable en veuf grincheux fraîchement débarqué.
- La géniale Geena Davis (Thelma et Louise).
- L’excellente Alfre Woodard.
- Le solide Clarke Peters (inoubliable Lester Freamon dans The Wire).
Voir ces monstres sacrés d’Hollywood, habitués aux seconds rôles de luxe, occuper enfin le premier plan dans une série de genre, c’est un pur bonheur. Ils apportent une vraie profondeur et une autodérision rafraîchissante, notamment lors de leurs discussions sur leurs bilans de santé qui contrastent avec les monstres qui rôdent.
La mécanique Netflix : Le retour du cliffhanger « Pré-Game of Thrones »
Côté rythme, on retrouve les vieux patterns des séries d’avant Game of Thrones ou de l’âge d’or d’un Lost où le cœur de l’intrigue stagne un peu et où tout s’emballe dans les cinq dernières minutes. C’est le fameux art du cliffhanger frustrant, calibré pour vous injecter votre dose de dopamine, vous garder accroché au canapé et vous forcer à lancer l’épisode suivant.
Pour l’instant, je dois bien avouer que ça marche sur moi. L’ambiance s’installe doucement, tout comme le mystère. C’est plutôt sympa, mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir une petite pointe d’inquiétude : j’ai peur que l’intrigue principale n’avance pas des masses durant les 8 épisodes de cette première saison.
Netflix sait pertinemment comment garder ses abonnés sous son joug avec ce genre de formule. Mais attention tout de même à ce que le public ne finisse pas par s’apercevoir de « l’arnaque » si le scénario tourne en rond uniquement pour tirer sur la corde.
Verdict provisoire
Pour l’instant, The Boroughs est une série sympa, divertissante, mais sans plus. Elle fait le job grâce à son casting impérial et son ambiance rétro-bizarre, mais elle souffre d’un sérieux air de déjà-vu algorithmique.
Je vais évidemment pousser jusqu’au bout. Rendez-vous à la fin de la saison pour un débrief complet et mon avis définitif sur cette nouvelle curiosité SF !
Et vous, vous avez lancé les premiers épisodes ? Qu’en pensez-vous ? On en parle en commentaires !
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