Dans ma vie, j’ai accumulé tant de choses, des belles comme des moins belles. Surtout des moins belles.
Mon parcours est très atypique, comme vous pouvez le voir dans ma bio, et disons-le clairement : chaotique. En réalité, j’ai souvent l’impression de mener une existence profondément kafkaïenne. C’est ce sentiment d’avancer dans un labyrinthe absurde dont on ne vous donne jamais les règles. Je m’identifie beaucoup à Joseph K. dans Le Procès, cette sensation d’être jugé par une entité invisible, d’être coupable d’un truc que je ne maîtrise pas, sans jamais trouver l’issue. Et puis, il y a ce parallèle cruel avec Gregor Samsa, qui se réveille transformé en insecte, prisonnier de sa condition et devenu un fardeau pour les siens.
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L’époque bénie des applications
J’ai eu une chance inouïe de réussir à « percer » avec mes petites applications Android entre 2012 et 2014. Je gagnais aux alentours de 1500 à 2000 € par mois. Ce n’est pas grand-chose, mais j’étais absolument ravi, surtout que je ne « travaillais » pas au sens où tout le monde l’entend.
Une fois mes applications créées, je ne faisais plus rien de mes journées, mis à part quelques mises à jour de temps à autre. C’était une sorte de rente. J’avais réussi à créer un revenu passif, comme disent les économistes, sans même connaître ce terme à l’époque.
Je passais mes journées à lire, à me cultiver, à regarder tout un tas de films, mais je sortais très peu durant cette période. J’étais agoraphobe. Même si cela me pourrissait la vie, m’enlevant au passage une adolescence et une vie de jeune adulte normales, cela m’a au moins permis d’économiser beaucoup d’argent et de me constituer mon « trésor de guerre », comme je l’appelais à l’époque.
J’avais honte d’avoir arrêté l’école à 16 ans à cause d’un harcèlement plutôt violent et des angoisses qui en ont découlé. Ce succès, c’était une sorte de petite revanche sur moi-même. Grâce à cet argent, j’ai aussi pu aider mes parents : je payais un loyer et les courses. Ça me rendait fier de contribuer au foyer familial, surtout que mes parents étaient dans une sacrée galère financière à cette époque.
Le mirage Hathoria
Puis, j’ai créé une boutique en ligne, Hathoria, spécialisée dans les bijoux fantaisie. Pourquoi m’être lancé dans ce secteur ? Pour l’argent, pardi !
Je n’avais aucune connaissance dans la mode ou le monde des bijoux, mais j’avais lancé une petite étude de marché, de façon très amateur et naïve. J’avais 23 ans à l’époque. Ma petite réussite précédente m’avait fait pousser des ailes alors qu’en temps normal, je suis plutôt un gars réfléchi, qui se lance seulement après s’être posé un bon millier de questions.
Cette boutique a eu une vie très courte : à peine un an, seulement 1000 visites et une dizaine de commandes. J’ai pourtant prospecté des fournisseurs, géré l’importation depuis la Chine, pris des photos de mes articles. D’ailleurs, c’est en achetant mon reflex pour cette boutique que je me suis mis à la photographie de rue quelques années plus tard.
Le contrecoup
Cette expérience entrepreneuriale a été suivie d’un terrible échec. Ma confiance en mes capacités s’est détériorée et, encore aujourd’hui, je repense à la façon dont j’aurais pu m’y prendre complètement différemment. Comme je le disais, cet échec a en quelque sorte structuré ma pensée. J’ai mis trois ans à m’en remettre.
Pendant ces trois années, je n’ai absolument rien fait de ma vie. Et quand je dis rien, c’est réellement rien du tout.
Puis, je me suis mis à apprendre le dessin. Je ne vais pas tout raconter ici, j’ai déjà écrit un article sur le sujet. Mais même si j’ai acquis un nouveau savoir, je me rends compte que je les collectionne comme des Pokémon : je n’ai jamais réussi à transformer mes compétences en dessin en source de revenus.
Cap sur 2026
En cette année 2026, j’ai lancé plusieurs projets, mais aucun d’eux n’a débouché sur un salaire. Je ne vois pas encore la lumière au bout de ce tunnel infernal. Je pourrais aller travailler dans un job dit alimentaire, mais je n’ai aucune envie de perdre ma liberté, la seule chose que je possède vraiment.
Cet article n’est pas destiné à me plaindre ou à pleurer sur ma situation. Il agit comme un rappel de ma condition actuelle. Un état des lieux personnel que je rends public pour me forcer à toujours essayer, à toujours entreprendre.
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