Après mon article sur la Fondation SCP, plusieurs personnes m’ont demandé par où continuer (c’est faux). Parce que SCP, une fois qu’on y a goûté, ça donne soif d’autre chose. D’autres récits qui jouent sur la même corde : l’étrange administré, le quotidien détourné, l’inconnu classé dans un dossier avec un tampon dessus.
Alors voici une sélection de trucs à lire, voir, écouter et jouer qui gravitent autour de cet univers-là. Pas forcément du SCP direct, mais des œuvres qui partagent le même ADN.
Table des matières

Les livres à lire dans l’esprit de SCP
Si vous voulez remonter aux sources de cette esthétique du rapport gouvernemental face à l’inexplicable, il faut lire Stalker : pique-nique au bord du chemin (Roadside Picnic) des frères Strougatski. Une zone contaminée par le passage d’extraterrestres, des objets qu’on ne comprend pas, une agence qui tente d’encadrer tout ça avec des règles absurdes. C’est le grand-père spirituel de toute cette esthétique, écrit dans les années 70, bien avant que quiconque pense à poster sur 4chan.
Dans la même veine, il y a la trilogie du Rempart Sud de Jeff VanderMeer (Annihilation en anglais), avec sa fameuse Zone X, ses expéditions scientifiques qui reviennent changées ou ne reviennent pas, et son agence gouvernementale, la Southern Reach, aussi opaque et bureaucratique que la Fondation. Le film qui en a été tiré avec Natalie Portman est très bien aussi, mais le livre va beaucoup plus loin dans l’étrange.
Et puis il y a La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski, un roman labyrinthique à base de notes de bas de page, de documents rapportés, de mises en page qui se déforment avec le texte. Une maison plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est expérimental, ça demande un peu de patience, mais l’horreur qui s’en dégage ressemble beaucoup à celle d’un bon SCP.
Difficile de ne pas rementionner Kafka ici. Si Le Procès est la matrice de toute cette angoisse administrative, La Métamorphose fonctionne presque comme un rapport SCP à elle seule : un homme se réveille transformé en insecte, et sa famille traite ça avec un mélange de déni et de gestion pratique du problème plutôt que d’effroi pur. C’est exactement le ton qu’on retrouve dans les meilleurs articles de la Fondation.
Les séries et films à voir façon SCP
Deux séries qu’on me cite souvent en me demandant si je connais, et la réponse est oui, à fond.
Fringe, d’abord. Une division du FBI qui enquête sur des phénomènes limites, de la science déviante, un peu de X-Files, un peu de SCP avant l’heure puisque la série date de 2008, l’année où le wiki SCP prenait justement son envol. On y suit une agence gouvernementale secrète qui catalogue et tente de contenir des événements qui n’ont aucun sens, avec son lot de dossiers classifiés et de laboratoires improbables. C’est plus feuilletonnant et plus grand public que SCP, mais l’ossature est la même : une organisation qui essaie de mettre de l’ordre dans le chaos.
From, ensuite, plus récente et sans doute plus proche émotionnellement de ce que j’aime dans SCP. Une ville dont personne ne peut sortir, des créatures qui sortent la nuit, et surtout cette sensation de bureaucratie improvisée qui s’installe : les habitants s’organisent, se donnent des règles, créent leurs propres procédures de confinement de fortune pour survivre. C’est SCP vu depuis l’intérieur du confinement plutôt que depuis le bureau qui l’administre, et ça change tout.
On pourrait aussi citer Severance, dont je parlais déjà dans mon article précédent pour son horreur bureaucratique pure, ou Archive 81, avec ses bandes vidéo à restaurer et son organisation trouble en coulisses.
Les podcasts à écouter dans le même genre que SCP
Si vous voulez le format SCP à l’oral, il y a un podcast anglophone qui a été une vraie claque pour moi : The Magnus Archives. Un fiction podcast qui prend la forme d’archives sonores tenues par un archiviste dans une institution qui collecte des témoignages de phénomènes paranormaux. Le format cases par cases, la voix froide de l’archiviste qui lit chaque déclaration, l’impression d’un dossier qui s’épaissit épisode après épisode. C’est probablement ce qui se rapproche le plus de la sensation de lire un rapport SCP, mais en audio.
La chaîne YouTube The Volgun, des rapports SCP lu en voix off. Parfait en fond sonore pour bosser ou pour s’endormir, au choix. Personne ne juge ici.
Les jeux vidéo dans l’esprit de la Fondation SCP
Impossible de parler jeu vidéo et SCP sans revenir en détail sur Control, de Remedy. On y incarne Jesse Faden, nouvelle directrice du Federal Bureau of Control, une agence gouvernementale secrète chargée d’étudier et de contenir des phénomènes paranormaux dans un immeuble bureaucratique qui change de géométrie selon son bon vouloir, le Oldest House. Les Objets de Pouvoir, les rapports censurés, l’esthétique brutaliste et administrative, tout dans Control respire SCP, au point qu’on se demande parfois si Remedy n’a pas carrément pioché dans le wiki pour écrire son scénario.
Et la bonne nouvelle, c’est qu’on n’a plus très longtemps à attendre pour y replonger. Remedy a confirmé la suite directe, Control Resonant, pour le 24 septembre 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series. Cette fois on quitte la peau de Jesse pour prendre celle de Dylan Faden, son frère, tout juste relâché par le Bureau alors qu’une entité cosmique commence à distordre la réalité dans tout Manhattan. Même agence, même absurdité administrative face à l’indicible, mais un nouveau protagoniste et, à en croire les derniers trailers, un monde qui s’étend bien au-delà des couloirs du Oldest House. Un rendez-vous que j’attends de pied ferme.
Si un jeu devait incarner SCP jusqu’à la moelle côté gestion, ce serait plutôt Lobotomy Corporation, et sa suite Library of Ruina. Un jeu coréen indépendant où vous gérez une entreprise chargée de contenir et d’exploiter des entités anormales, avec des employés qu’on envoie littéralement au carnage pour maintenir la production. C’est du management, du RH cauchemardesque, de l’horreur cosmique, tout ça en même temps. Aucun autre jeu ne pousse aussi loin l’idée que l’administratif peut être une source d’effroi.
Enfin, SCP: Containment Breach reste le classique pour vivre une brèche de confinement depuis l’intérieur d’un site, dans la peau d’un anonyme qui essaie juste de survivre pendant que tout part en vrille.
Pour finir
Voila ma petite liste de recommandation d’œuvre a découvrir ou redécouvrir dans un style proche du mythe SCP. J’ai essayé d’être le plus large possible pour couvrir le plus de media différent possible.
Si vous avez d’autres pépites du genre, dites-le moi en commentaire, je suis toujours preneur.


