Dix ans de Stranger Things. dix années qu’on suit cette bande de geeks d’Hawkins. Et tout s’est terminé le 1 Janvier 2026 avec un épisode de deux heures qui m’a laissé partagé entre l’émotion et la déception.

stranger things saison 5
A quand la bande au complet ?

Le combat final : trop facile à mon goût

L’épisode démarre directement dans l’action avec le plan pour vaincre Vecna et détruire l’Upside Down. Mike s’excuse enfin auprès de Will pour ne pas avoir été là quand il en avait besoin, que ce soit face à Vecna ou face à ses questionnements sur son identité. D’ailleurs, cette saison a enfin donné à Will ce qu’il méritait : un coming-out émouvant et une vraie place dans l’histoire.

Steve et Jonathan se réconcilient après que Jonathan lui sauve la vie. La phrase « Ce n’est pas parce que je ne t’aime pas que je veux te voir mourir » résonne fort, elle fait tellement écho à nos relations humaines actuelles.

Eleven prend enfin son indépendance vis-à-vis de Hopper en le remerciant d’avoir été un père pour elle tout en lui rappelant qu’elle n’est pas Sarah, sa fille disparue. Leur relation se clôt de façon subtile et pudique, vraiment touchant.

Mais voilà, le combat final contre Vecna et le Flagelleur Mental, c’est là que ça coince pour moi.

Dans mon article précédent sur Stranger Things, je disais que la série s’était éloignée de l’horreur de la saison 1. Cette esthétique low-budget avec les lumières qui clignotaient, les demorgorgons, la guirlande de Joyce, tout ça créait une ambiance unique. Mais au fil des saisons, avec l’arrivée de nouveaux personnages et nos chouchous respectifs (rockin’ Robin yeah !!), les scénaristes n’ont plus osé tuer personne pour ne pas décevoir le public.

Résultat ? Dans ce combat final, nos héros affrontent des super méchants aux pouvoirs démesurés sans même une égratignure. Nancy, toujours aussi badass (un vrai mix entre Sarah Connor et Terminator), arrive à défier le Kaiju géant qu’est le Flagelleur Mental. Et le combat entre Vecna et Eleven ? Beaucoup trop expéditif. Avec l’aide de Will, elle l’empale sur un pic à l’intérieur de la bête. Et le dernier coup fatal porté par Joyce avec ses coups de hache devant des enfants kidnappés était un peu gratuit. Un acte de plus pour accentuer leurs traumas, les psychiatres auront du travail a Hawkins pour plusieurs années.

Ce qui me dérange le plus ? Le Flagelleur Mental bâclé. On ne lui donne aucune vraie motivation. Il veut détruire la Terre, ok, mais pourquoi ? Aucune réponse. J’aurais adoré que le Flagelleur Mental se cache derrière un visage familier, une trahison qui aurait déchiré Dustin, Mike, Lucas et Will. Un combat plus mental que physique. Dans ma théorie, j’imaginais Mr. Clark comme le grand méchant final, et franchement, j’aurais grave kiffé une fin de ce style. Ça aurait eu tellement plus de poids émotionnel qu’un gros monstre CGI. Ça aurait rappelé les meilleurs moments de la série où le danger venait aussi de l’intérieur (comme Billy possédé en saison 3).

Le flagelleur mentale st quand même bien badass

Et puis, ils sont à l’intérieur du Flagelleur Mental, avec des boyaux et des trucs organiques partout, mais la « salle » est trop propre et lumineuse. Où sont passés les demorgorgons ? Ils ont disparu après la première partie et on ne les a plus jamais revus. Et les demobats, ces créatures volantes bien flippantes de la saison 4 ? Envolées elles aussi. J’aurais adoré les voir revenir pour le combat final, imaginez Nancy aka Terminator les pulvériser au fusil à pompe, ça m’aurait mis en joie. Mais non, la série a préféré faire l’impasse sur ces créatures qui auraient rendu la scène encore plus épique.

Ce qui est bizarre, c’est comme si tout le lore de l’Upside Down créé pendant ces dix dernières années avait complètement disparu. Tout le monde semble avoir oublié ces créatures, pourtant ce sont elles qui ont causé la mort d’Eddie. J’ai loupé un épisode ?

La série a clairement nerfé ses méchants pour un happy ending facile.

Le sacrifice d’Eleven : une fin ambiguë

Eleven se sacrifie pour détruire définitivement l’Upside Down. Leur plan : faire exploser une bombe (avec l’album Purple Rain de Prince comme déclencheur, belle référence au film Le Pont de la rivière Kwaï) pour fermer le pont entre Hawkins et l’Abyss.

Les adieux entre El et Mike m’ont aussi déçu. Comment nous faire ressentir leur déchirement quand la série nous a donné si peu de moments de complicité entre eux cette saison ? Mais bon, la scène où elle entre dans l’esprit de Mike pour lui dire au revoir est quand même puissante : « Je serai toujours avec toi. Je t’aime. Au revoir, Mike. »

La série a cette force incroyable de se concentrer sur les relations humaines plutôt que sur l’action pure. Une heure entière est consacrée aux adieux, et ça, Netflix et les Duffer l’ont très bien compris.

Les intrigues abandonnées

Encore une fois, la série oublie complètement certaines intrigues qu’elle avait mises en place. Les militaires et le Dr Kay ? Réglés avec une simple ellipse temporelle de 18 mois. Trop facile, surtout qu’Hopper a tué un bon nombre d’entre eux sans aucune conséquence.

Et les femmes enceintes dans l’Upside Down mentionnées par Kali ? Aucune nouvelle. Les frères Duffer avaient tellement de sous-intrigues qu’ils ne savaient même plus comment les refermer proprement.

L’émotion de la fin

Malgré ces déceptions, cette dernière partie est très émouvante. Après dix ans à suivre leurs aventures, difficile de ne pas avoir la larme à l’œil.

Notre bande de geeks obtient évidemment leur diplôme. Le discours de Dustin est incroyable et rend hommage à Eddie (RIP le meilleur personnage de la saison 4). La série parle d’amitié, d’accepter ses différences, de voir cette bande de marginaux se lier d’amitié avec le beau gosse du lycée, un complotiste, une skateuse.

Steve a eu une des meilleures évolutions de toute la série. Je ne l’avais pas vu venir, surtout son amitié avec Dustin qui est devenue iconique.

La dernière partie de Donjons & Dragons est géniale. Voir enfin Will heureux m’a rempli de joie, et l’utilisation de la campagne pour nous montrer leur futur est une idée brillante.

Mike crée une fin alternative pour Eleven dans son histoire de D&D : selon lui, Kali aurait utilisé ses derniers instants pour créer une illusion, faisant croire qu’Eleven est morte alors qu’elle s’est échappée. On voit même Eleven découvrir un endroit avec trois cascades, comme ils en avaient rêvé ensemble.

Est-ce la vérité ou juste l’espoir de Mike ? Les frères Duffer ont laissé ça volontairement ambigu. Comme l’a dit Ross Duffer, « Eleven devait partir » pour que l’histoire se termine vraiment. Mais j’aurais aimé plus de courage dans ce choix. Soit elle meurt vraiment, soit elle vit vraiment. Cette ambiguïté affaiblit l’impact émotionnel.

Les moments qui m’ont le plus touché

La scène avec nos babysitters préférés (Nancy, Jonathan, Steve et rockin’ Robin) m’a vraiment retourné. Ils discutent de leurs projets futurs respectifs tout en étant déjà nostalgiques de leur amitié. Ils finissent par créer une réunion mensuelle, mais je peux vous dire qu’en étant trentenaire (33 ans), ce genre de réunion ne dure guère dans le temps. Et vu comment ils sont en pleurs, eux non plus n’y croient pas vraiment. C’est l’un des moments les plus touchants de l’épisode, surtout que j’adorais le duo Robin et Steve.

L’autre scène qui m’a vraiment ému ? Les voir tous ranger leurs classeurs de D&D et la tristesse infinie de Mike en montant les escaliers, le dos courbé. Puis voir Holly et ses amis (dont Derek qui a humilié Vecna avec son « fat one ») descendre pour commencer leur propre campagne. C’est une façon de tourner la page sans terminer l’histoire.

Le générique qui défile sur « Heroes » de David Bowie, parfait.

Mon verdict final

Stranger Things s’achève après dix ans de folie. Le final n’est ni parfait ni catastrophique. Il joue la sécurité, évite les risques narratifs, mais réussit à nous émouvoir grâce à la force des liens entre les personnages.

Ma plus grosse frustration ? La série a perdu son courage. Plus de prise de risque, plus de vraies conséquences, plus de cette atmosphère horrifique qui faisait son identité. Mais elle a gardé son cœur : l’amitié, la nostalgie, le passage à l’âge adulte.

On peut compter sur Netflix pour faire revenir Stranger Things d’une manière ou d’une autre. J’espère juste qu’ils ne vont pas faire comme Disney avec Star Wars en surexploitant la licence.

Merci pour ces neuf années, les Duffer. Même si le final n’était pas parfait, vous nous avez offert un sacré voyage.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Êtes-vous Team « Eleven est vivante » ou Team « Elle est vraiment morte » ?


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