Le trailer de la nouvelle série Harry Potter signée HBO est sorti, et comme beaucoup, je l’ai visionné. Ce qui en ressort ? Un sentiment de lassitude face à la culture du reboot qui envahit nos écrans.
Le premier film de la saga Harry Potter est sorti en 2001, il y a maintenant 25 ans. Je les ai tous vus plusieurs fois, sans pour autant me considérer comme un fan hardcore. Ce qui me lie à cette œuvre, c’est avant tout la nostalgie. J’avais une dizaine d’années la première fois que j’ai découvert L’École des sorciers : voir un enfant de mon âge découvrir un monde magique caché, apprendre la magie et partir à l’aventure avec ses amis m’avait laissé rêveur. Comme beaucoup de ma génération, j’ai imaginé plus d’une fois recevoir la fameuse lettre de Poudlard.
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Un reboot trop fidèle à l’original pour convaincre
Mais en regardant ce trailer, je ne peux pas m’empêcher d’y voir une pâle copie de l’original. Les acteurs qui incarneront Harry Potter, Hermione Granger et Ron Weasley ressemblent étrangement au casting originel. Et comme pour les visages, chaque plan du trailer semble calqué sur les films de Columbus et ses successeurs. Alors la question s’impose : à quoi bon créer une série qui ne fait que reproduire ce qui a déjà été fait ?
La réponse est probablement commerciale : attirer une nouvelle génération dans l’univers d’Harry Potter. Soit. Mais les films originaux sont encore de très bonne qualité, et leurs effets spéciaux ont étonnamment bien vieilli. J’aurais personnellement préféré une série qui étende l’univers plutôt qu’elle ne le répète, explorer l’histoire des fondateurs de Poudlard, par exemple, aurait offert quelque chose de véritablement nouveau.
Tous les reboots ne se valent pas : l’exemple A Star Is Born
Le reboot n’est pas un genre condamné par nature. La preuve avec A Star Is Born, que j’ai récemment (re)découvert sur Netflix. Le film original date de 1937, et la version réalisée par Bradley Cooper en 2018 s’en distingue radicalement : nouvelle époque, nouveau milieu (le rock et la country plutôt que Hollywood), nouvelle profondeur émotionnelle. Le résultat apporte une véritable plus-value, il ne cherche pas à imiter, il réinterprète. C’est précisément ce qui fait la différence entre un reboot légitime et un simple exercice de nostalgie commerciale.
Face à cela, l’utilité de cette série Harry Potter reste plus que contestable. Là où Cooper s’est approprié son matériau source pour en faire quelque chose de personnel, la série HBO semble pour l’instant se contenter de rejouer une partition déjà connue, plan pour plan.
Le filtre bleu, symptôme d’une industrie qui s’uniformise
J’ai relevé un autre problème dans ce trailer, mais celui-ci dépasse largement Harry Potter : c’est un mal qui touche l’ensemble de l’industrie audiovisuelle en ce moment. Le fameux filtre bleu et la désaturation des couleurs sont devenus la marque de fabrique d’une certaine production contemporaine, on le retrouve notamment dans War Machine, le dernier film Netflix du genre.
Une simple comparaison entre ce trailer et le premier film suffit à mesurer l’écart : les couleurs ont disparu. Peut-être que Voldemort les a volées, allez savoir. Plus sérieusement, c’est le symptôme d’une uniformisation inquiétante : une industrie qui copie ce qui fonctionne, sans jamais prendre de risques, et qui finit par lisser toute identité visuelle au passage.
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