Concept Artist junior voici mon retour d'experience, j'espere qu'il pourra être utile a quelqu'un.
À vrai dire, ce sont des conseils applicables pour n'importe quelle discipline que vous décidez d'apprendre en autodidacte.
Table des matières
D’où je viens ?
J’ai toujours aimé apprendre, soif de savoir et de curiosité, mais paradoxalement j’ai toujours haï l’école et mon harcèlement n’a pas contribué à arranger ma vision des choses.
J’ai donc quitté l’école assez tôt, à 18 ans, et appris par moi-même le langage informatique (HTML/PHP et Java pour les curieux), je vous raconterai surement un jour, mais pas aujourd’hui, mais vous pouvez consulter ma bio.
Tout ça pour vous dire que quand j’ai commencé à apprendre le dessin de façon professionnelle, j’avais déjà une certaine discipline et une mentalité de « fer » pour apprendre seul. Ne sous-estimez jamais votre mentalité : sans elle, vous n’irez pas loin.
Un conseil précieux lorsque vous décidez de vous former en autodidacte :
Avoir un objectif clair dès le départ.
Parce que oui, le dessin c’est large et il y a beaucoup à apprendre. Voici une liste non exhaustive de métiers autour du dessin :
- Illustrateur
- Styliste
- Storyboard artist
- Concept artist
- Layout artist
- Animateur 2D
- Bédéiste
Il est donc important de se concentrer sur les fondamentaux et sur les compétences requises pour votre objectif.
Pour ma part, c’était de devenir concept artiste et me spécialiser dans le character design. Je me suis focalisé essentiellement sur le plus important :
Les fondamentaux : Impossible d’y échapper et je vous conseille de commencer par cela. Sans les bases, vous n’irez pas loin.
L’anatomie : Vous vous doutez bien que pour un character designer, l’anatomie humaine et animale est ultra-importante.
La perspective : J’ai appris uniquement la base, j’ai commencé à l’apprendre plus en profondeur 3-4 ans après ma formation.
La lumière : Important, mais dans mon cas, comme j’ai un style très « comics », la compréhension de base suffit amplement.
La couleur : Comme pour la lumière, la compréhension de base m’a suffi au début.
N’ayez crainte de ne pas avoir tel skill ou des faiblesses dans certains domaines. Comme dit au début, le dessin c’est extrêmement vaste et aucun professionnel du secteur ne maîtrise parfaitement toutes ces facettes.
Le déclic : une formation en ligne
Fin 2018, en me baladant sur YouTube, je suis tombé sur une vidéo qui expliquait que le dessin n’était pas un « don » offert par les dieux de l’art mais bien un savoir qu’on pouvait apprendre, même en étant « limité artistiquement » comme je l’étais à cette époque.

Petite digression personnelle : J’ai toujours eu envie de savoir dessiner. J’avais une admiration pour cet art et, petit, j’avais l’espoir d’être un jour dessinateur. Mais on m’a vite fait comprendre que c’était une chose inaccessible (vu mon niveau) et un métier ultra-précaire. Pour ce dernier point, je ne peux pas leur donner tort.
Revenons à nos moutons.
La chaîne en question est digitalpainting.school. Cette vidéo m’a littéralement fait un électrochoc et m’a convaincu que je pouvais, moi aussi, apprendre l’art de gribouiller sur une feuille de papier ou un calque Photoshop.
Ni une ni deux, je me suis retrouvé sur son site internet. Il y a une partie gratuite et une autre payante.
J’ai commencé par suivre la partie gratuite pour voir si la formation était utile ou tout simplement une énorme arnaque. Pendant un mois, j’ai suivi minutieusement les conseils de « Spartan », le créateur et formateur de digitalpainting.school.
À la fin de ce mois, j’avais acquis les bases. Je suis donc passé à la caisse et acheté la version payante de la formation. Ça m’a coûté environ 600 € si je me rappelle bien. Promis, cet article n’est pas une pub déguisée 🙂
Je ne peux que conseiller cette formation qui m’a donné les bases du dessin : la perspective, l’anatomie, la théorie des couleurs et j’en passe. Mais aussi, et c’est le plus important : ne laissez jamais personne vous dire qu’une chose ne vous correspond pas.

Quand on se retrouve seul
Mais que faire après une formation ?
Il faut être honnête : après une formation, quoi qu’elle vous promette, vous ne serez jamais « opérationnel ». Il vous manquera l’expérience du métier.
On se retrouve donc seul. Même si la formation que j’ai suivie a un forum pour échanger avec les formateurs et les « élèves », on se retrouve quand même seul à ne pas savoir quoi faire.
Alors, on fait quoi maintenant ?
Un nouveau savoir dans mon pokédex. Il ne me sert pas à grand-chose si ce n’est le plaisir de dessiner. Mais si votre objectif, comme c’était le cas pour moi, est d’en faire votre métier, la formation n’est pas suffisante.
Ne négligez pas les études !
Je ne parle pas d’école ici, mais du fait de dessiner ce que vous voyez en observant attentivement votre sujet. D’où provient la lumière ? Comprendre la perspective, repérer les lignes de fuite, essayer de comprendre pourquoi tel muscle agit comme ça, etc.
Observez le travail d’artistes confirmés de l’industrie.
J’ai visé le concept art et plus particulièrement le character design (choix un peu douteux vu la concurrence, mais c’est ce qui me passionne réellement dans le dessin). J’ai donc suivi beaucoup de concept artists comme Hicham Habchi, Sasha Tudvaseva, etc. (je ferai un article pour vous en parler plus en détails).
En effet, il est crucial d’analyser pourquoi leurs dessins marchent, pourquoi le personnage est intéressant…
Beaucoup postent des vidéos timelapse de leurs travaux sur YouTube. J’ai regardé peut-être des centaines d’heures au total pour bien comprendre le process : pourquoi tel coup de brush ici, etc. Soyez actif quand vous regardez, comme lors de vos séances d’études.
Mais choisissez bien des professionnels du secteur pour que ça soit efficace.
Pas de secret : la pratique !
Pour engranger de l’expérience et du savoir, rien de mieux que la pratique. Mais ne vous brûlez pas les ailes pour autant. J’en ai fait les frais !
Et oui : dessiner huit heures par jour, sept jours sur sept pendant deux ans. On atteint très vite nos objectifs et je voyais mon niveau progresser à vue d’œil, mais vous finissez par perdre goût. La motivation part en fumée et à la fin, vous êtes en burnout complet.




Ce que je ferais différemment aujourd’hui
Indéniablement, je me serais mis une limite de dessin par jour et par semaine. Ce n’est pas un sprint, chose que je n’ai pas comprise au début, c’est un marathon.
Avec le recul, voici ce que j’aurais dû faire :
1. Un rythme soutenable
Pas 8h/jour, mais 2-3h de pratique intense maximum. Le reste ? Du plaisir, du fun, de l’expérimentation sans pression.
Exemple de routine idéale :
- 1h d’études (anatomie, valeurs, etc.)
- 1h de projets perso (pour le portfolio)
- 30 min de fun pur (fanart, gribouillage)
2. La règle des 50%
50% de pratique (la main), 50% d’observation (le cerveau).
La pratique c’est bien, mais ne négligez pas l’observation. En effet, ce dernier point représente minimum 50 % de la compréhension du dessin et pour une progression rapide et saine, la main suivra le cerveau.
Concrètement : regarder des références, analyser des œuvres pro, comprendre POURQUOI ça marche avant de dessiner.
3. Garder une vie
Sortir, voir des amis, faire du sport, lire, regarder des films… Tout ça nourrit votre créativité. Un artiste enfermé devient un artiste sans inspiration.
4. Trouver une communauté
Discord, forums, groupes de dessin… Partager ses galères, ses progrès, c’est ce qui aide à tenir sur la durée.
Mon bilan aujourd’hui
Après six longues années de doute, de sueur, de larmes et de joie, j’ai finalement atteint un niveau « pro » et je peux prétendre au poste de concept artist junior.
Mais je dois vous le préciser : je ne travaille toujours pas dans l’industrie de l’art. J’ai envoyé des dizaines et des dizaines de CV et de portfolios, mais uniquement des réponses négatives. Je ne veux pas vous faire peur, mais actuellement ce n’est pas vraiment une bonne période.
Les studios de JV ont licencié beaucoup de monde ces derniers temps. Si vous voulez voir l’ampleur du désastre, cette liste recense tous les licenciements de l’industrie.
Préparez-vous mentalement à ne pas réussir à obtenir un emploi même après avoir atteint un bon niveau en dessin.
Conclusion
Apprendre le dessin en autodidacte, c’est possible. Mais c’est long, difficile, et ça ne garantit pas un emploi.
Ce que j’ai appris en 6 ans :
- Le dessin s’apprend, ce n’est pas un don
- Une formation ne suffit pas, il faut des années de pratique
- Le burnout guette si on force trop
- Atteindre un bon niveau ne garantit pas un job
Mon conseil si vous débutez :
- Fixez-vous un objectif clair
- Apprenez les fondamentaux d’abord
- Progressez lentement mais sûrement
- Gardez une vie à côté
Malgré tout, je ne regrette rien.
Apprendre le dessin m’a apporté énormément, même sans emploi. La satisfaction de créer, de voir ses progrès, de maîtriser une compétence qui semblait inaccessible… ça n’a pas de prix.
Alors oui, le marché est difficile. Oui, ça prend du temps. Oui, ce n’est pas garanti.
Mais si vous aimez vraiment ça, lancez-vous. Au pire, vous aurez appris un art. Au mieux, vous en ferez votre métier.
Et vous, où en êtes-vous dans votre apprentissage du dessin ?
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