Il aura fallu des années avant que je teste audible. Des années de lobbying intense de la part d’un proche qui me vantait les mérites du livre audio à chaque occasion, avec une constance et une conviction qui forcent le respect. J’ai résisté. J’ai lutté. J’ai tenu bon.
Et puis Amazon a sorti une offre avec deux crédits offerts, et voilà. La muraille s’est effondrée.
Alors, verdict après quelques semaines d’utilisation ? C’est une expérience qui mérite le détour mais qui demande un certain temps d’adaptation, et au moins une erreur stratégique mémorable pour vraiment comprendre comment en profiter.
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La sélection : entre Westeros et le thriller
Pour mes premiers pas dans ce nouveau monde, j’ai misé sur des valeurs sûres :
Chroniques du Chevalier Errant de George R.R. Martin, d’abord. N’ayant pas encore vu l’adaptation HBO, c’était l’occasion parfaite de découvrir les aventures de Dunk et l’Œuf sans spoilers et dans leur forme originale.
8,2 secondes de Maxime Chattam ensuite, parce qu’un bon thriller en audio, c’est souvent redoutable, le format oral rajoute une tension que la page ne restitue pas toujours aussi bien.
Deux choix que je ne regrette pas. Mais j’aurais pu m’éviter quelques déboires si j’avais mieux réfléchi à comment les écouter.
L’appli : la bonne surprise
Première surprise, et pas des moindres : l’application est vraiment bien faite. Je sais, ça semble anodin dit comme ça. Mais venant d’Amazon, qui semble parfois vouer une haine viscérale aux interfaces utilisateurs propres et intuitives, j’avais de vraies craintes. C’est fluide, c’est clair, ça marche sans fioritures inutiles. La navigation est logique, la vitesse d’écoute se règle facilement, le mode minuterie pour s’endormir est là où on l’attend.
Bref, un bon point inattendu, et ça compte.
L’erreur de débutant : coder ou écouter, il faut choisir
Puis est venu ce que j’appellerai désormais « la pire idée du siècle » : tenter d’écouter Le Chevalier Errant tout en codant un prototype sur Unity.
Note à moi-même, pour la postérité : Je suis incappable de faire deux choses en même temps. Du C# et les intrigues de Westeros en simultané ne vont pas très bon ménage. Dès qu’une ligne de code demandait un peu de concentration, l’histoire devenait un fond sonore incompréhensible. J’ai dû rembobiner bien plus souvent que je ne l’admettrai ici.
L’audio demande une forme d’attention flottante disponible, mais pas absente. C’est subtil, et ça s’apprend.
Le bon rituel, et le retour en enfance
Une fois cette leçon intégrée, j’ai compris quelque chose d’essentiel : pour apprécier pleinement l’expérience, je dois écouter seulement sans rien faire d’autre en parallèle. Pas de navigation sur le téléphone, pas de tâche secondaire, juste l’histoire et moi. J’ai donc fini par trouver le créneau idéal : quelques chapitres le soir, avant de m’endormir.
Pour l’immersion, j’écoute avec mon Nothing Headphone (1), sur lequel j’ai d’ailleurs écrit un article dédié si vous voulez en savoir plus. L’isolation qu’il procure est vraiment un atout ici : on coupe le monde extérieur, et on se laisse porter par la narration sans distraction. C’est ce petit détail qui fait toute la différence entre « j’entends une histoire » et « je vis une histoire ».
Et c’est là que le format révèle quelque chose d’inattendu : une nostalgie douce et immédiate. Il y a quelque chose dans le fait de se faire « raconter une histoire avant dodo » qui ramène directement à l’enfance. C’est apaisant, c’est doux, et ça change radicalement du défilement infini sur un écran, ces fameuses dernières minutes de la journée qu’on passe à scroller sans vraiment savoir pourquoi ce que certain appelle le doomscrolling.
Les balades restent aussi un bon moment pour écouter, à condition que le chemin soit suffisamment automatique pour ne pas monopoliser l’attention. Une marche familière, les écouteurs dans les oreilles, et on a l’impression de vivre deux aventures en même temps.
En résumé
L’audio n’a pas remplacé mes livres papier et je ne pense pas que ça arrivera un jour. Mais c’est un complément vraiment intéressant, à condition d’avoir compris quand l’écouter. Si vous êtes du genre à saturer vite sur le multitâche complexe, oubliez les sessions de code ou de travail intense : réservez-le pour les moments calmes, les déplacements, les balades. C’est là que la magie opère.
Le proche qui m’a fait ce lobbying pendant des années appréciera, je pense, que je lui donne enfin raison.
Infos pratiques
Si cet article vous a donné envie de tenter l’aventure, voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
L’abonnement Audible est à 9,95 €/mois, et il fonctionne sur un système de crédit : chaque mois, vous recevez un crédit qui vous permet de choisir n’importe quel livre audio du catalogue, quelle que soit son prix d’origine. Sachant qu’un livre audio coûte en général entre 12 et 30 €, le rapport qualité/prix est rapidement intéressant
Quelques points utiles à retenir : si vous n’utilisez pas votre crédit du mois, il s’accumule pour le mois suivant. Et bonne nouvelle pour ceux qui hésitent encore : Audible propose un essai gratuit de 30 jours, parfois étendu à 60 ou 90 jours pour les membres Amazon Prime. C’est exactement comme ça que j’ai sauté le pas, avec deux crédits offerts.


