J’ai créé un générateur de palettes de couleurs. Ça s’appelle ColorSeed.co, ça tourne sans intelligence artificielle et je peux vous promettre que je n’ai pas écrit une seule ligne de code. On y reviendra.
L’idée de base est simple : vous tapez un mot, une émotion, un lieu, une chanson, n’importe quoi, et le site vous génère une palette de deux à dix couleurs. « Bloody mary » vous donnera du rouge profond. « Forêt en automne » vous sortira des ocres et des verts sombres. Le tout sans qu’une IA ait la moindre part dans l’affaire.
Table des matières

Algorithme sémantique vs IA : Le secret mathématique derrière ColorSeed
Quand on dit « prompt », on pense IA. C’est un réflexe compréhensible. Mais ColorSeed fonctionne avec une formule mathématique couplée à une base de données sémantique de plus de 5000 mots par langue.
Chaque mot est relié à des valeurs de teinte, de saturation et de luminosité. Les phrases sont analysées, les mots clés isolés, une moyenne circulaire est calculée pour la teinte, et une règle d’harmonie chromatique est appliquée. Zéro réseau de neurones là-dedans.
Pourquoi ColorSeed ? Répondre au besoin d’une approche intuitive du design
Pourquoi avoir fait ça. Parce que j’avais besoin d’un truc qui n’existait pas. La plupart des générateurs de palettes existants fonctionnent bien, mais ils vous demandent de partir d’une couleur de base. Quand vous n’en avez aucune en tête, que vous travaillez à l’intuition ou à l’émotion, c’est une impasse. Je cherchais quelque chose qui traduise des mots en couleurs. Rien ne me convenait, j’ai donc décidé de construire ce site. Enfin, « décidé de construire » est peut-être exagéré.
Fonctionnalités : Harmonie chromatique et formats d’exportation (CSS, JSON, PNG)
Côté fonctionnalités, le principe est le suivant : vous générez une palette, vous l’ajustez si besoin via une roue chromatique ou en changeant la règle d’harmonie (complémentaire, analogique, triadique…), puis vous exportez en CSS, Tailwind, JSON ou PNG.
Il y a aussi une option que j’ai ajoutée un peu pour voir : extraire une palette directement depuis une image, par copié-collé ou upload. Les images ne sont pas stockées, aucun souci de confidentialité.
L’envers du décor : Un projet codé intégralement par l’IA Claude (Jarvis)
Maintenant, la partie honnête. J’ai dit que j’avais créé ce site. Ce n’est pas tout à fait vrai. C’est Jarvis, mon assistant personnel basé sur Claude, qui a entièrement codé le projet pendant que je jouais les chefs de projet. Pour le design, j’ai utilisé Google Stitch, une IA spécialisée dans la conception de maquettes. Côté technique, le site tourne sur Next.js, Supabase et Vercel, déployé via GitHub.
Design System et automatisation : L’expérience avec Google Stitch
Google Stitch mérite qu’on s’y attarde deux secondes. L’outil génère pour chaque projet un design system, une sorte de bible visuelle censée garantir la cohérence esthétique. Le problème, c’est qu’il ne suit pas lui-même ses propres règles. Il peut produire une version quasi finale magnifique, puis au prompt suivant générer une variante avec un footer complètement différent sorti de nulle part. Il faut batailler en permanence pour qu’il respecte les consignes. Heureusement il exporte vers Figma, où vous pouvez reprendre le contrôle.
L’avenir du développement web : Du rôle d’exécutant à celui de pilote
Malgré ces limitations, ce projet illustre quelque chose d’assez vertigineux : en combinant plusieurs IA spécialisées, il est possible de sortir un produit final d’une qualité professionnelle sans toucher au code, sans toucher à Figma, en restant dans une position de chef de projet. J’étais sceptique. Le résultat m’a convaincu que ce n’était pas de la science-fiction.
Les développeurs me diront que Claude n’égale pas un humain expérimenté. Ils ont raison, en partie, et pour l’instant. Mais les IA s’améliorent à une vitesse qui ne laisse pas beaucoup de temps pour se retourner. Pour anecdote, les équipes d’Apple auraient adopté Claude massivement, avec des abonnements à 300 dollars par jour et par équipe. Ce n’est pas anodin comme signal.
Le métier de développeur, comme celui de designer graphique, ne va pas disparaître. Mais l’humain va de plus en plus jouer le rôle de pilote, d’arbitre entre plusieurs outils, plutôt que d’exécutant direct. Les agences web et les studios de design vont avoir des décisions difficiles à prendre dans les prochaines années, plus tôt qu’elles ne le pensent.
Conclusion : Qui est le véritable auteur d’une œuvre assistée par l’IA ?
Un beau paradoxe d’avoir créé un script de generation sans IA a l’aide d’une intelligence artificielle.
La question qui reste en suspens, et que je me pose aussi à mon propre niveau : si une IA fait le travail à votre place, est-ce encore votre travail ?
📬 Si t’as aimé cet article, ma newsletter pourrait te plaire.
Chaque dimanche : mes articles, ma revue de presse perso, mes découvertes. 1 email/semaine. 0 spam.


