J’ai fait la constatation que ça faisait un bail que je n’avais pas lancé une partie d’un jeu vidéo, qu’il soit multi ou solo. Cyberpunk 2077 est le seul jeu récent que j’ai réussi à finir et c’était il y a 2 ou 3 ans.

Trois ans. Vous vous rendez compte ? Pour un fan de jeu vidéo comme moi, c’est une éternité.

Dans le même temps, j’ai appris l’anglais,la photo, je me suis mis au dessin et au concept art. Mais finir un jeu ? Apparemment, ça, c’est devenu insurmontable. (Pour écrire ce genre de chose, j’ai dû traîner trop longtemps sur LinkedIn.)

Red Dead Redemption 2 dort dans ma bibliothèque Steam avec seulement 6 heures de jeu, pourtant j’avais attendu la sortie sur PC avec impatience. Mon catalogue Epic Games ressemble à un cimetière de jeux offerts jamais lancés.

Je ne sais pas exactement quand j’ai arrêté de jouer. C’est venu progressivement. Insidieusement. Un jour, j’ai réalisé que ma dernière session remontait à des mois.

Alors pourquoi ? Comment passe-t-on de gamer passionné à… ça ?

La découverte des premiers jeux vidéo

J’ai connu les jeux vidéo assez tôt, aux alentours de mes 7, 8 ans à peu près. Personne dans mon entourage ne jouait et mes parents étaient loin de s’y intéresser, mais ils m’ont quand même fait la surprise de m’offrir ma première console, la Game Boy Color édition Pokémon avec Pikachu (dégouté de ne pas l’avoir gardée) pour mon neuvième anniversaire.

Faut dire que je les ai saoulés avec ça.

Avec la Game Boy Color, le jeu Pokémon était livré avec, team Salamèche malgré la version bleue que j’ai eue.

J’ai passé de nombreuses heures dessus, recommencé de multiples fois. J’y ai joué pendant des années. À l’époque, un jeu vidéo durait longtemps. En même temps, c’était un sacré budget : 300 à 400 francs de mémoire pour une cartouche. Je savourais le jeu jusqu’à la dernière goutte de plaisir.

En parallèle, j’ai connu les PC avec Windows 95 et 98 et les fameux jeux Windows : le démineur que peu de gens ont réellement compris (je cliquais un peu au pif, je l’avoue 😂).

Le Pinball que j’ai saigné. Même mon père qui n’aime pas les jeux vidéo, on a organisé des compétitions avec lui. Il a détenu le record pendant pas mal de mois jusqu’à ce que j’arrive à le détrôner.

Quelques années après, la GameCube sortait en France pour 99 euros. Avec mon frère, on a pu se l’acheter grâce à nos économies, c’était notre première console de salon.

J’ai adoré cette console, malgré que tous les jeunes de mon âge avaient la PS2. Jamais fait comme les autres.

Les parties de Mario, Zelda et Metroid Prime rythment encore mes souvenirs d’enfance.

D’ailleurs en parlant de Metroid Prime, ça a été ma première découverte du genre metroidvania. Je ne connaissais pas du tout la licence à l’époque, mais ce jeu m’a fait découvrir un style qui reste un de mes genres préférés.

J’accélère un peu, je ne vais pas tout vous lister 😄.

Battlefield 3 sur PC, bien évidemment (les FPS uniquement sur PC, désolé les pro-consoles). Étant un joueur de Battlefield 2, mais je n’avais jamais pu jouer en multi à l’époque. Battlefield 3 reste pour moi le meilleur FPS auquel j’ai joué, pas forcément pour sa qualité (Titanfall 2 existe) mais pour tous les souvenirs que j’ai.

Avec mon frère, mon partenaire de jeu de tout temps 😂, on avait plus de 900 heures de jeu.

Pilote d’hélico pour moi, lui sniper que je déposais derrière les lignes ennemies. On formait une bonne équipe, en y repensant.

Tout ça pour dire que pendant des années, je n’ai jamais cessé d’y jouer et d’y prendre plaisir.

Mais tout ça, c’est du passé.

Le moment où j’ai réalisé

Je me souviens du moment précis où j’ai compris que quelque chose avait changé.

C’était pendant le confinement. Tout le monde se (re)mettait au jeu vidéo. Animal Crossing cartonnait. Among Us explosait. Les streams Twitch battaient des records. Le moment parfait pour un gamer, non ?

Et moi, j’ai lancé Red Dead Redemption 2. Six heures de jeu. Six putain d’heures sur un jeu que j’attendais depuis des années.

Je me suis arrêté au milieu d’une mission. J’ai éteint le PC. Et je ne l’ai jamais relancé.

Pas parce que le jeu était mauvais. Pas parce que j’étais occupé. Juste… plus envie.

C’est là que j’ai compris : ce n’était pas juste ce jeu. C’était tous les jeux.

Pourquoi ? (La vraie réponse, pas celle que j’aimerais donner)

En vrai, je ne sais pas vraiment pourquoi cette lassitude est arrivée, et c’est ça qui me frustre le plus dans cette « problématique ».

J’aimerais vous dire que c’est une question de temps. Que j’ai grandi, que j’ai d’autres priorités maintenant. Que c’est rationnel.

Mais la vérité, c’est plus compliqué que ça.

Le burnout et la dépression ont tout emporté

Je vis avec une dépression depuis 15 ans maintenant. Un burnout professionnel il y a quelques années. Et ces deux-là ont bouffé mon envie de faire… tout.

Pas juste les jeux vidéo.

Récemment, le dessin aussi. La photo. Des passions qui me définissaient pourtant.

Petit à petit, tout a été aspiré dans ce trou noir.

Les jeux vidéo demandent de l’énergie mentale. De l’investissement émotionnel. De la concentration. Et quand ton cerveau tourne déjà à vide le reste du temps, quand sortir du lit est une victoire, lancer un jeu devient insurmontable.

Certaines fois je lance Steam ou Epic, je regarde ma bibliothèque et je suis sur le point de lancer un jeu. Puis quelque chose dont je n’arrive pas à expliquer, j’abandonne cette idée et je vais faire autre chose.

Heureusement que j’arrive toujours à lire, un des rares divertissements où je prends encore du plaisir.

La culpabilité du backlog

Mon backlog Steam ? 150+ jeux. Epic Games ? Une centaine de jeux gratuits jamais lancés.

Chaque fois que je vois cette liste, je ressens de la culpabilité.

« T’as payé pour ça. » « Tu devrais au moins essayer. » « Les autres terminent leurs jeux, pourquoi pas toi ? »

L’effort vs la récompense

Avant, jouer était un refuge. Une évasion facile.

Maintenant, c’est devenu un effort.

Il faut comprendre les mécaniques. S’investir dans l’histoire. Progresser. S’améliorer.

Mon cerveau calcule inconsciemment le ratio effort/récompense. Et de plus en plus souvent, la balance penche du mauvais côté.

Scroller sur Reddit pendant 2 heures demande zéro effort. Regarder un stream Twitch aussi. Lire un manga, c’est passif.

Jouer à un jeu vidéo ? Ça demande d’être actif. Et je n’ai plus cette énergie.

Le changement qui fait mal

Le pire, c’est que je VEUX jouer.

Je regarde des trailers. Je lis des tests. Je m’excite pour des sorties. J’achète même des jeux en promo.

Mais entre vouloir et faire, il y a un gouffre que je n’arrive plus à franchir.

C’est comme regarder une ancienne version de moi s’amuser, de l’autre côté d’une vitre. Je la vois. Je m’en souviens. Mais je ne peux plus la rejoindre.

Ce qui reste

Je n’ai pas complètement disparu du monde du jeu vidéo.

Je regarde des streams de temps en temps (coucou MV). Je suis l’actu. Je lis des tests. Je suis aussi certains concept artists pro et je les jalouse un peu.

Je reste spectateur. Passif. Sans pression. Sans culpabilité.

Parfois, je lance un jeu indé court. Quelque chose qui se termine en 2-3 heures. Gris. Backpack Hero (je conseil de fou). Des expériences qui ne demandent pas d’investissement sur des semaines.

Et parfois, très rarement, je retrouve un peu de ce plaisir. Fugace. Fragile.

Mais les longues sessions de Battlefield avec mon frère ? Les 100 heures sur un RPG ? L’excitation de débloquer un nouvel item après des heures de farming ?

Tout ça, c’est fini. Et je ne sais pas si ça reviendra un jour.

En conclusion

Je ne sais pas si cette lassitude est définitive ou temporaire.

Je ne sais pas si c’est la dépression qui parle ou si j’ai juste changé.

Je ne sais pas si un jour je retrouverai l’envie de me lancer dans un Arc Raiders ou un Elden Ring.

Ce que je sais, c’est que je ne suis probablement pas le seul dans ce cas.

Peut-être que toi aussi, tu as ce backlog qui te culpabilise. Ces jeux achetés jamais lancés. Cette passion qui s’est éteinte sans prévenir.

Si c’est le cas, sache que c’est OK.

On n’est pas obligé de rester gamer toute notre vie. Les passions évoluent. Les priorités changent. La santé mentale impacte tout.

Et peut-être qu’un jour, on reviendra. Ou pas.

En attendant, je continue de regarder des streams. De lire des articles. De rêver devant des trailers.

Parce que même si je ne joue plus, je reste gamer dans l’âme.

Et toi, tu ressens cette lassitude aussi ? Ou au contraire, tu joues toujours autant ? Dis-moi en commentaire, je suis curieux de savoir si je suis seul dans ce cas.


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