Kathryn Bigelow signe son retour après 8 ans d’absence avec un film qui ne vous laisse aucun répit.
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J’aime assez bien ce genre de film, et le fait qu’hier soir je n’avais rien d’autre à faire m’a décidé à voir A House of Dynamite. Disons-le clairement, la présence de Rebecca Ferguson et d’Idris Elba a beaucoup joué.
Le pitch est simple mais efficace : un missile nucléaire (ICBM) de provenance inconnue est tiré sur Chicago. Les États-Unis ont moins de 20 minutes pour réagir.
20 minutes. C’est tout ce qu’il faut pour plonger dans un chaos total.
J’ai envie de remercier Kathryn Bigelow qui m’a remémoré le jeu Defcon et mes nombreuses parties.
Ça fait étrangement écho à ce qui se passe dans notre monde : la Russie qui teste un nouveau type de missile, les États-Unis qui annoncent reprendre les essais nucléaires. Le film sort au bon moment. Ou au pire moment, selon le point de vue.

Le concept : simple mais redoutable
L’histoire : Un matin à Washington, la Capitaine Olivia Walker, responsable de la Situation Room de la Maison Blanche, est informée qu’un missile nucléaire d’origine inconnue a été lancé vers les États-Unis.
La particularité du film ? Bigelow filme la même séquence sous trois angles différents, chaque fois depuis un endroit distinct avec des personnages différents. Trois versions du même événement, trois perspectives, mais une seule issue.
Très minimaliste dans sa narration mais aussi dans sa réalisation, on suit plusieurs personnages à différents endroits. Bases militaires, cellule de crise de la Maison Blanche, on est enfermés avec eux, c’est quasiment un huis clos.
Cette structure narrative peut dérouter. Ça renforce l’idée que tout le monde est pris au piège du même système, des soldats de base jusqu’au Président. Certains trouveront ça trop répétitif. Personnellement, j’ai trouvé l’idée bonne au début, mais à la fin ça commençait à être long.
Ce qui m’a marqué
Une mise en scène documentaire ultra-réaliste
Bigelow filme comme si elle tournait un documentaire. Caméra portée, plans serrés sur les visages, montage nerveux. On n’est pas spectateurs, on est dans la pièce.
Cette approche rend le film étouffant. Anxiogène à souhait. Les 40 premières minutes, j’étais complètement tendu.
Le film m’a littéralement fait rester assis sur le bord de mon siège. Et ce n’est pas une expression.
Un casting impeccable mais des personnages difficiles à cerner
Idris Elba (le Président), Rebecca Ferguson (Capitaine Walker), Tracy Letts (Général), Jared Harris, Anthony Ramos… Le casting est solide.
Vu la configuration du film, il était dur d’ajouter du relief aux différents personnages. C’est le principal défaut que je lui ferai. Impossible d’avoir de l’empathie pour eux. De par leur métier, ils paraissent assez froids, malgré le fait qu’on les voit petit à petit craquer face à une situation critique.
Par exemple, le personnage de Rebecca Ferguson : au début du film, on la voit avec son fils et son mari, mais trop peu pour qu’on s’attache à elle, malgré un jeu d’acteur irréprochable.

Le choix contestable de ne jamais révéler l’origine du missile
Attention, c’est important : Le film ne révèle JAMAIS qui a lancé le missile.
Je comprends l’intention : montrer que le système est fragile, peu importe l’ennemi. Mais après avoir passé 2h dans cette tension, cette non-révélation laisse un goût d’inachevé.
Je m’attendais pas a une réponse, mais j’aurai aimé que le film nous donne des pistes de réflexions mieux construite sur la montée de menace de guerre dans le monde réel.
La structure répétitive aurait eu plus de sens si chaque angle apportait de nouveaux éléments sur l’origine du missile, des indices, quelque chose. Mais non. On répète sans vraiment avancer.
Une tension qui ne retombe jamais (au début)
Kathryn Bigelow arrive très bien à retranscrire la peur, l’angoisse dans chacun de ses plans. Chaque seconde compte. Chaque décision a des conséquences.
Le film dure environ 2 heures, mais pendant les 40 premières minutes, on a l’impression de vivre ces 20 minutes en temps réel. C’est épuisant. Une des rares fois où je ressens autant de pression à travers mon écran.
Après, la répétition commence à faire son effet, et la tension retombe progressivement.
Ce qui pourrait déranger
La structure répétitive qui devient lourde
Soyons honnêtes : sur la fin, la répétition devient franchement pesante.
Revoir la même scène sous trois angles différents, ça aurait pu être une bonne idée, mais dans les faits, au troisième passage, j’ai commencé à regarder l’heure. Le problème, c’est qu’on n’apprend pas grand-chose de plus à chaque itération. On a juste un autre personnage qui stresse de la même manière.
La mise en scène finit par sentir le gadget. Bigelow aurait pu raconter la même histoire de façon linéaire, ça aurait été plus efficace.

Pas de happy ending hollywoodien
Ne vous attendez pas à une fin satisfaisante où tout se résout. La décision finale du Président n’est pas montrée.
Un film qui se veut réaliste, tant dans la réalisation que dans la réaction de tous les protagonistes. Des réactions presque robotiques : suivre les ordres, les instructions écrites par des gens qui n’ont jamais connu ce genre de situation. Mais Bigelow essaye de nous faire comprendre que dans ce genre de situation, notre sens de l’humanité est peut-être la seule chose qui peut nous « sauver ».
Le film nous laisse dans le doute. Dans l’angoisse. C’est frustrant. C’est voulu, mais frustrant.

Pour qui est fait ce film ?
Idéal si :
- Vous aimez les thrillers bien réalisés et que les choix narratifs audacieux ne vous rebutent pas
- Vous cherchez un film qui vous met sous pression
- Vous appréciez les films qui jouent avec la structure narrative
- Vous aimez le cinéma de Kathryn Bigelow
- Vous n’avez pas besoin que tout soit expliqué
Passez votre chemin si :
- Vous détestez les films qui tournent en rond sans réellement avancer
- Les structures répétitives vous gonflent
- Vous voulez de l’action spectaculaire avec des explosions
- Vous cherchez un film « feel-good » pour vous détendre
- Vous avez besoin d’un happy ending
Mon verdict final
Note : 7/10
Ce que j’ai aimé :
- La mise en scène documentaire immersive
- Le casting solide
- La tension des 40 premières minutes
- L’ambition du projet
Ce qui m’a déçu :
- La structure répétitive qui devient lourde sur la fin
- Le gadget narratif qui n’apporte pas grand-chose
- L’absence totale de révélation (frustrante dans le mauvais sens)
- On aurait pu raconter la même histoire en 1h30
- Le manque d’empathie pour les personnages
À regarder ou pas ?
OUI, si vous aimez les thrillers bien réalisés et que les choix narratifs audacieux ne vous rebutent pas, même quand ils ne fonctionnent qu’à moitié.
NON, si vous détestez les films qui tournent en rond sans réellement avancer dans leur intrigue.
Mon cas : J’ai passé un bon moment, surtout la première moitié. Bigelow sait filmer la tension. Mais j’aurais préféré un film plus court et plus direct. La mise en scène en trois actes ressemble plus à un exercice de style qu’à une vraie nécessité narrative.
C’est un bon film, bien réalisé, avec un casting impeccable. Mais il aurait pu être excellent s’il avait été plus concis.

Où le regarder ?
Le film est disponible sur Netflix depuis le 24 octobre 2025.
Conclusion
A House of Dynamite est un thriller bien réalisé qui aurait mérité d’être plus concis. Kathryn Bigelow maîtrise son sujet, le casting est impeccable, mais la structure en trois actes répétitifs finit par desservir le film.
C’était ambitieux. Ça marche à moitié. J’aurais préféré un film classique de 1h30 plutôt que cet exercice de style qui s’étire sur 2h sans vraiment justifier ses choix narratifs.
Ça reste un bon film. Pas un grand film, mais vous passerez un bon moment plein de stress.
Et vous ?
Avez-vous vu A House of Dynamite ? Qu’en avez-vous pensé ?
Dites-moi en commentaire :
- Si la structure répétitive vous a gêné
- Le jeu d’acteur vous a plu ?
- Votre scène préférée (sans spoiler)
Partageons nos avis sur ce retour de Kathryn Bigelow !
PS : Si ce sujet vous intéresse, j’ai aussi écrit d’autres articles : Splinter Cell Deathwatch mon avis




