Hier, je vous parlais de Riot Games et de la suppression brutale de 80 postes sur 2XKO. Aujourd’hui, l’hémorragie continue. C’est au tour du studio Wildlight Entertainment d’annoncer le licenciement de la quasi-totalité de ses effectifs. Le projet sacrifié ? Highguard, leur FPS ambitieux lancé il y a seulement quelques semaines.


highguard desastre

Highguard : C’était quoi la promesse ?

Pour bien comprendre le gâchis, il faut savoir ce qu’est Highguard. Développé par des anciens de Respawn (Apex Legends, Titanfall), le jeu se voulait un Hero Shooter tactique en Free-to-play qui se voulait révolutionnaire.

Mélangeant « gunplay » nerveux, verticalité extrême et univers Fantasy-Punk, il proposait des mécaniques uniques comme des montures de combat (loups et ours), plusieurs phase dans la même partie (loot, raid) et des affrontements en 3v3 très dynamiques.

Mais le public ressent une certaine lassitude face à un énième « Hero Shooter, a l’image de Concord, Highguard se vautre.
Le jeu a aussi été jugé parfois confus entre tir, magie, montures… et beaucoup pointé son manque de « personnalité ».

Un lancement dans le mur : de 100 000 à 2 500 joueurs

Le lancement a été un véritable ascenseur émotionnel. Si le jeu a attiré plus de 100 000 curieux à sa sortie, l’expérience a vite tourné au calvaire technique : problèmes de connexion massifs et instabilité des serveurs.

Sur Steam, le verdict a été immédiat et sans appel. Les joueurs n’ont pas été tendres, pointant du doigt le manque d’optimisation et les bugs à répétition. Certes, certains avis frôlaient la mauvaise foi comme ces joueurs affichant moins d’une heure de jeu et criant déjà à la « répétitivité ». Mais le mal était fait.

Quelques semaines plus tard, le jeu ne compte plus que 2 500 connexions quotidiennes. Un désastre industriel qui a forcé le studio à appliquer la même politique que ses concurrents, malgré la promesse initiale de ses fondateurs d’offrir un environnement de travail plus sain et stable.

Highguard Steam Charts SteamDB
La chute en image (stat steam du jeu highguard)

La parole aux sacrifiés

Le témoignage d’Alex Graner, Level Designer sur le jeu, illustre la violence de la situation sur LinkedIn :

« Malheureusement, comme la plupart de l’équipe chez Wildlight, j’ai été licencié aujourd’hui. Celle-là fait vraiment mal car il y avait beaucoup de contenus non annoncés sur lesquels j’avais hâte de travailler et que nous avions conçus pour Highguard. »

Dans la foulée, le porte-parole de Wildlight Entertainment a confirmé l’information, utilisant une rhétorique qu’on commence à connaître par cœur :

« Aujourd’hui, nous avons pris la décision incroyablement difficile de nous séparer d’un certain nombre de membres de notre équipe, tout en conservant un groupe de développeurs de base pour continuer à innover et à soutenir le jeu. »

C’est le même « copier-coller » que chez Riot Games. Mais comment croire à la survie d’un jeu ambitieux quand on retire les bras et les cerveaux qui l’ont construit ?

Un avenir de plus en plus sombre

Le marché du travail dans le jeu vidéo traverse une période d’une noirceur inédite. Entre les lancements ratés, la pression des investisseurs et la montée en puissance de l’IA qui menace certains corps de métiers, l’horizon semble bouché.

Pour les développeurs et les artistes, le message est clair : peu importe votre talent ou le pedigree de vos patrons, vous n’êtes qu’une ligne de coût que l’on raye au premier signe de faiblesse du marché.

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